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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 15:35

Ah... Jean-François... C'est la première fois que j'écris sur toi. Je sens que tu vas m'en filer du boulot pour les cinq prochaines années. Merci...ou pas. Donc ta dernière idée : parler du racisme antiblanc. Question primordiale dans la société actuelle. Oui. Le chômage, la crise, tout ça c'est surfait. C'est du discours de la gauche bien pensante. Alors que le racisme antiblancs, là, voilà! On y est! On pourfend la pensée unique! Merci Jef!

Malheureusement tout le monde s'engouffre, Le Pen qui dit "c'est moi qu'avait dit ça avant", Fillon qui dit "oui il a pas tort", et la gauche qui dit "bouuuuuh il reprend Le Pen". Oui c'est vrai, il reprend Le Pen. Mais quand on a dit ça, on a rien dit. Et on démonte pas ses propos, ses idées. Il faut absolument pour la gauche sortir de la posture Copé-FN même combat. Ca n'avait pas marché avec Sarkozy (vu sa campagne de second tour et son score pas si faible), ça marchera pas avec Copé. Alors on dit quoi? Bah moi, j'dis ça.

 

Il a (un peu) raison.

cope-racisme-antiblanc.jpg

Alors j'préfère le dire tout de suite avant qu'on m'insulte, je soutiens pas du tout Copé et je vais pas le défendre hein. Donc lisez jusqu'au bout et après discutons-en. Tranquillement. 

Évidemment que le racisme antiblancs existe. Le racisme, c'est pas réservé à une couleur de peau. Y'a pas que les blancs qui sont racistes et y'a pas que les noirs et les arabes qui sont victimes de racisme. C'est vrai dans tous les sens. C'est vrai selon les périodes de l'Histoire et c'est vrai selon le lieu on on vit. Certains à gauche disent "le racisme contre les blancs n'existe pas puisqu'ils subissent pas la discrimination". Le racisme, c'est pas que la discrimination. Par exemple, l'esclavage c'était autre chose que la discrimination. Les génocides (Seconde guerre mondiale, Rwanda, Darfour, Cambodge), c'est du racisme mais c'est pas de la discrimination et, c'est pas que des blancs contre les noirs et les arabes. Le racisme s'exprime de plein de façons différentes et vient de plein de gens différents contre plein de gens différents. Voilà pourquoi je dis : le racisme antiblancs existe. Donc évidemment, en France aujourd'hui, y'a certainement des cons racistes antiblancs, mais soyons honnêtes, les victimes du racisme, c'est les noirs et les arabes. Et ce racisme, aujourd'hui, en France, s'exprime surtout (mais pas que) par la discrimination. Mais faut faire gaffe parce que le Jef, il est pas con. Il sait où il veut en venir. Et c'est pas joli-joli...

 

Il a tort.

mission-cleopatre-300x300.jpgC'est pas joli-joli parce que derrière sa phrase à buzz (même si "gaulois"  ne peut plus être une insulte depuis Astérix et Obélix Mission Cléopâtre), il essaye de mettre un truc dans la tête de tout le monde. Identariser les débats. Bah oai. Grâce à ça, on parle pas d'antiracisme universel et on parle pas des problématiques sociales. Et discrètement, on installe un débat : "Les blancs sont moins des victimes que les arabes, mais plus victimes que les noirs?Et les blancs sont un peu victimes? Et les chinois?" Voilà donc un débat bien pourri qui prend vie. Concurrence des souffrances. Donc communautarisation. Donc comptage de ses semblables. Donc statistiques ethniques. Donc quotas. Donc défaite du social face aux communautés. Donc victoire historique par K.O. de cette nouvelle droite face au marxisme antiraciste. Et je répète que se battre contre le racisme c'est, en France ne pas faire de distinction entre les personnes visées par ces actes mais y répondre, par l'éducation. Et la loi bien sûr. Alors pour la gauche aujourd'hui, faut faire gaffe à pas se laisser enfermer dans ce débat. Parce que les idées de Copé, elles sont faciles à diffuser dans les têtes. Et s'exprime depuis longtemps finalement.

 

 

Ennemi de gare et ennemi de classe.

C'est alors que me revient un lointain souvenir (attention moment Père Castor). Y'a 7-8ans, je rentrais chez moi. il était 23h30, j'attendais le bus à la gare RER A de Joinville. Et un mec vient vers moi, voulait mon téléphone ou mon mp3 ou ma veste, enfin j'sais plus trop mais en tous cas il était pas commode. Evidemment, n'écoutant que mon courage, je refuse de me laisser faire. On en vient aux mains (heureusement qu'il faisait 10 kilos tout mouillé... comme moi). Et avant que ça devienne très chaud, heureusement, le bus salvateur arrive (108, je t'aime!). Scène de la vie courante quoi. Classique. Sauf que. Pendant que je monte dans le bus, il me crie : "Sale céfran de Joinville". (Céfran c'est quand même plus crédible que Gaulois comme insulte). Il était certainement autant Français que moi. Peut-être même que lui, contrairement à moi, ses deux parents étaient nés en France. 

Joinville-le-pont_rer_101.jpgA ce moment-là, je suis choqué. L'onde de choc retenti dans ma tête. Et son écho revient en 2012 grâce à Copé. Je sais enfin ce que cette insulte voulait dire. 

1- Je suis blanc donc Français. Ce mec, mon ennemi de la gare s'est auto-exclu de la nation dont il fait partie et qu'il construit. Donc il ne se sentait pas Français. Aujourd'hui, il doit certainement militer avec Morano ou Guéant et compagnie. Bah oai ils pensent la même chose. C'est des alliés objectifs fianlement. Moins les noirs et les arabes se sentent Français plus ça fait des choses à dire pour eux et plus ils disent des choses, moins les noirs et les arabes se sentent Français etc etc.

2- Bon j'habitais pas à Joinville donc il s'était bien planté le con... Mais Joinville c'est une ville sans histoire avec de la thune pour faire court. Donc si on continue dans sa logique, je suis blanc donc j'habite à Joinville, avec les riches. Et lui, n'est pas blanc, donc habite pas à Joinville mais avec les pauvres.

Finalement mon ennemi de la gare a tout résumé. Il ne se sentait pas Français parce que relégué dans un quartier pourri où on a entassé des noirs et des arabes dans des cité pourries. Et les blancs (sauf ceux qui sont dans la même merde dans les mêmes quartiers pourris) c'est les bourgeois. J'étais l'ennemi de classe de mon ennemi de la gare. Mais ça il le savait pas: vision identitaire de la classe sociale. Comme Copé.

 

Et Copé le sait. Avec cette putain de phrase, il fait jouer les blancs contre les noirs et les arabes. Alors surtout ne rentrons pas dans son jeu identitaire. Voilà à mon avis ce qu'il faut dire sur Copé. Pour aller plus loin que "perroquet du FN".

 

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