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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 14:13

Jeudi dernier, j'étais au meeting de Martine Aubry à Cenon (33). Bon, j'le dis tout de suite je suis resté un peu plus d'une heure, j'ai cru que j'y étais resté 4heures... Je passe les ressemblances de vocabulaire avec Ségolène Royal : Après Delanoë qui dit sur RTL qu'Aubry est ''la présidente des solutions'', j'entends à la tribune ''plus juste la France sera plus forte''... Parfum de 2007.

 

Les mots ont un sensMartine-Aubry.jpg

Globalement dans le discours pendant le meeting, rien de nouveau et rien de transcendant. Je vais pas faire concurrence à Variae mais dans les expressions y'a truc frappant chez Aubry. C'est l'inaction. 2 exemples.

''Je veux vous parler de la France''. Elle nous dit qu'elle veut faire quelque chose au lieu de faire cette chose. Pareil pour son slogan de campagne ''La volonté du changement''. Y'a la volonté du changement mais pas le changement. Pourquoi elle va pas direct à l'objectif : le changement? Y'a toujours une étape avant l'action. Rien n'est clair, franc, efficace. C'est pas bon signe pour le travail à l'Elysée, les communiquants de Martine, va falloir taffer mieux!

 

Entre-soi

19h. Ca va commencer. Coup d'oeil au public. Portrait robt simple: blanc, cinquantenaire, stéréotype du militant socialiste. Les sections ont ramené les militants, elles ont bien fait leur boulot. On est dans un quartier plutôt populaire. Mais pas ou peu de jeunes et encore moins de noirs et d'arabes. Pourtant il suffit de marcher un peu pour les voir en bas des immeubles... Mais re-rentrons, ça va commencer.

Alors comme d'hab, ça commence avec les élus du coin, les stars locales. Auto-promo et auto-congratulation auto-toutcequetuveux. Chacun salue le talent de celui qui a parlé juste avant ou qui parlera juste après. Bref. 

Private jokes et blagues qui font rire les élus et les militants. Pas les autres. Normal, on comprend pas. Du coup, on se demande si on est à notre place. Si on a bien fait de venir. Si on s'est pas trompé d'endroit. A côté de moi, 4 jeunes de 17-18ans qui rigolent des blagues. Mais par rejet. Comme au lycée quand les profs faisaient des blagues qu'ils étaient les seuls à comprendre. Pas drôle. Foutage de gueule de ceux qui parlent sans s'adresser à nous. De ceux qui se font plaisir. A eux.

 

191540 la-premiere-secretaire-du-ps-et-candidate-a-la-prima

Concert politique

Voilà le coeur du problème pour les socialistes et l'ensemble des politiques qui font des meeting. La primaire s'adresse à tous. Même les non-socialistes, les moins de 18ans... Et faut pas l'oublier. Un meeting politique, ça doit être grand-public. C'est le lieu de la phrase choc, du cinglant, de la force du mot. C'est pas le lieu de la raison. C'est celui de la passion. Celui d'une communion entre le public et celui (ou celle) qui est sur scène. Finalement, un meeting c'est comme un concert. Il faut faire kiffer les fans avec ce que tu chantes et convaincre les curieux qui sont venus parce qu'ils connaissent la musique et aiment bien mais bon, sans plus.

19h45. La première partie c'était pour les initiés. Et là, qui Martine va-t-elle parler?

Aux mêmes. Des chiffres. Des blagues de ''sachants''. Discours de première secrétaire d'un parti politique. Pas de candidate à la présidentielle. Même chose sur la forme. 3 drapeaux tenus par des jeunes du MJS qui ont pas assez de force dans les bras pour les lever assez haut. On est loin d'un show à l'américaine. Il faut parler à tout le monde pour tout le monde. Faut être dans son temps : l'immédiat. Coller à l'attente des gens. Leur donner ce qu'ils sont venus chercher: le spectacle.

Alors oai, les vrais, les purs, vont dire ''la politique c'est pas le show, c'est pas être à la mode''. Mais bon être à la mode c'est aussi être en phase avec son public. Et être en phase avec son public c'est être en phase avec tous les Français. Pas seulement les militants socialistes.

Alors oui pour être candidat à la présidentielle, faut emmener les foules. Chacun sa méthode. Kylie Minogue ou Aznavour font pas les mêmes spectacles mais saisissent les spectateurs aux tripes! Une chose les réunis : l'envie de faire le show. De donner. Et pour ça, faut se dépasser. Etre un ''perfomer''.

Je dis ça pour Aubry mais, ça vaut pour tous les autres. J'espère que le candidat qui va être élu le 9 ou le 16 va nous embarquer. C'est aussi ça l'aventure collective d'une campagne.

 

Un meeting, c'est un show. Il faut garder les convaincus et gagner les indécis. Leur en mettre plein la vue. Sinon, on s'emmerde. Et jeudi dernier, j'me suis fait chier. Et j'étais pas le seul.

 

JC

 

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commentaires

guillaume 04/10/2011 01:44


Ouais, enfin c'est pas Martine Aubry qu'il faut brûler, mais bien tout ce tas de communicants qui nous abreuvent de slogans et de publicité électorale. Moi quand je vois un meeting américain, Obama
inclus, ça me donne envie de gerber. On est pas à la messe et on cherche pas le nirvana, on attend des solutions concrètes. Et pour ça pas besoin de faire le show.
Je préfère un candidat austère, avec une tronche de rat, qui propose réellement (rien qu')UNE idée révolut.. euh, nouvelle plutôt que n'importe quel cacique politicien qui se croit beau en faisant
un bon mot.
Oui à la politique et non à l'électoralisme.